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  • Carole

Le Triage des Startups pendant la Crise du COVID-19.


J'emprunte au dialecte médical le mot de triage, cette activité d'urgence qui vise à classer de manière rapide mais efficace les malades dans leur ordre d'arrivée aux urgences. Pourquoi ? Car la situation que nous vivons en France est sans précédent et que vous devons réagir, et vite.

Les Startups sont responsables de 7% des créations d'emplois en France. Pourtant, le bras armé de l'innovation est parfois fragile. Là où des structures plus grosses, plus rentables pourront (peut-être) tenir le choc du Covid-19, un grand nombre de startups n'ont pas de coussin financier pour amortir le choc et risquent malgré l'aide de l'Etat de souffrir, voir de plier. Comment analyser l'avenir potentiel des startups dans la tourmente du COVID 19?

Des éléments de réponses.


Le Triage des VC

Les investisseurs sont les premiers à s'être posés pour regarder, de manière très financière, les enjeux et les opportunités pour les startups de leur portfolio. Afin de faire le tri entre celles qui auront besoin d'aide, celles qui auront besoin d'aide et qu'on ne pourra pas aider, celles qui survivront peut-être, celles qui survivront sûrement, et celles qui grandiront grâce à la crise.




1er cas :

Pas assez de croissance.

Pas assez de cash.

Pas assez de fonds propres pour avoir le PGE.

Pas de bridge des VC.

Ces startups, surtout early stage, risquent de disparaitre. On estime que cela concerne 40% de l'intégralité de l'eco-système.


2eme cas :

Les startups avec des actifs très forts (med tech, deep tech, AI).

Pas assez de croissance.

Pas assez de cash.

Pourront avoir le PGE / un petit bridge.

Doivent réduire leur burn rate de 50% pour passer l'hiver, refocus très fort sur le coeur de métier en coupant les projets connexes.

On estime que cela concerne 25 % de l'intégralité de l'eco-système.


3e cas:

Bonne croissance

Fin de cycle de cash (startup qui étaient en train de lever ou devaient lever en 2020)

Pourront certainement avoir un bridge.

Auront le PGE.

Doivent réduire leur burn rate de 20% à 30%, contrôler leur OPEX.

On estime que cela concerne 25 % de l'intégralité de l'eco-système.


4e cas:

Excellente croissance sous COVID 19

"Profitent" de la crise car ayant des services / produits qui sont indispensables voire rares pendant la crise sanitaire et qui le resteront après.

Pas besoin de cash.

Auront certainement des opportunités d'investissement plus fortes de part leur rareté.

Auront des opportunités de recrutement de top talent très fortes. On estime que cela concerne 10 % de l'intégralité de l'eco-système.


Le Triage des Couts

Tous les fondateurs et les CEO ont commencé, depuis le début de la crise, à se concentrer sur le cash afin de savoir, comprendre et faire le tri entre les dépenses qui doivent être stoppées, celles qui doivent être réduites, et celles qui doivent perdurer.


Le Triage des OPEX

Nous avons tous googlé une fois "cas de force majeur" pour voir si l'on pouvait se sortir d'un contrat ou d'une prestation qui n'est plus essentielle. Loyers, avocats, matériel, utilities, tout est passé au crible. La méthodologie Moscow de nos PO (Must have, Should have, Could have, and Won't have) s'avère très utile pour faire les choix.

Le monde des startups est souvent raillé pour ses "nice to have", les babyfoots dans la salle de pause, les rings de boxe, les salles de sieste, tant de petits luxes dont nous allons, à l'avenir, devoir nous priver.

La Réduction de sa Masse Salariale

C'est le sujet le plus redouté par les entrepreneurs, certainement aussi anxiogène que ne peut l'être la fierté de créer des emplois quand tout va bien. Comme les startups créent 7% des emplois en France, elles sont une force vive de l'économie et chaque fondateur est fier de participer à la bonne santé de notre économie. Alors le moment de licencier quelqu'un est toujours perçu comme un échec, une petite mort. D'autant plus difficile à vivre dans un cadre où les gens avec qui on travaille font partie de notre quotidien, deviennent parfois des amis, et l'où tout le monde se connaît.

Les Investisseurs, eux mêmes au coeur de la tourmente, alertent les startups sur le besoin de prendre des décisions difficiles, mais nécessaires, pour protéger le cash de l'entreprise et éviter le pire : la mise en faillite de la société.

Le Triage des Projets

Cette crise va forcer (en mal et en bien) de nombreuses startups à se concentrer sur leur coeur de métier ou à pivoter très rapidement. Les startups de livraison de repas à domicile tentent de refocus leur activité sur de la livraison de nourriture afin de palier à la demande. Certains startups vont décaler leurs lancement, ou annuler tout simplement certains projets. Cela permet à la fois de sauvegarder un peu d'argent, mais aussi de se concentrer sur les projets rentables, et donc moins risqués.

Pivoter ou mourir, il faudra (peut-être) choisir.



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© 2020 by Carole Llewellyn

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